Créer une SASU en 2026 : le guide complet

Statuts, capital, fiscalité, régime social, arbitrage salaire/dividendes, pièges post-Kbis. Tout ce qu'il faut savoir, expliqué sans marketing.

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est la structure préférée des freelances, consultants, et porteurs de projet solo qui veulent allier crédibilité, protection sociale et souplesse de gouvernance. Voici le guide complet pour la créer en 2026 : étapes, chiffres réels, arbitrages fiscaux et pièges à éviter.

1 €
Capital minimum légal
10 à 15 j
Délai moyen jusqu'au Kbis
75 à 80 %
Cotisations sur rémunération nette

La SASU en bref : pour qui ?

La SASU est adaptée à l'entrepreneur seul qui veut :

  • Séparer son patrimoine personnel de son activité professionnelle (responsabilité limitée aux apports)
  • Bénéficier du régime général (protection sociale proche du salarié cadre)
  • Optimiser son mix revenus entre salaire et dividendes (flat tax 30 % sur dividendes)
  • Garder la porte ouverte à l'arrivée future d'associés ou d'investisseurs (bascule automatique en SAS)
  • Afficher une image corporate crédible face aux clients B2B, banques, bailleurs

Profils types : consultant freelance avec rémunération supérieure à 40 000 € net/an, porteur de projet tech ou SaaS qui anticipe une levée de fonds, professionnel libéral exercant en entreprise, dirigeant qui veut arbitrer entre salaire et dividendes selon ses besoins personnels.

Les 5 étapes de création, concrètement

Étape 1 : Génération des statuts

C'est l'acte fondateur. Les statuts de SASU fixent la dénomination, l'objet social, la durée, le capital, le siège, et les règles de gouvernance. Point essentiel : la SASU bénéficie d'une liberté statutaire quasi totale. Vous pouvez prévoir dès aujourd'hui des clauses utiles si vous accueillez un associé plus tard : clause d'agrément, de préemption, pacte d'associés, actions de préférence. Un modèle générique ne prévoit rien de tout ça.

Étape 2 : Dépôt du capital social

Le capital est déposé sur un compte bloqué auprès d'une banque, d'un notaire ou d'une plateforme agréée (Qonto, Shine, Blank…). L'établissement délivre une attestation de dépôt des fonds, obligatoire pour l'immatriculation. Le capital est débloqué dès réception du Kbis (en général sous 48h après délivrance).

Le dépôt en banque en ligne est gratuit. Les banques traditionnelles peuvent facturer 50-150 € de frais de dossier.

Étape 3 : Publication d'une annonce légale

L'avis de constitution est publié dans un journal d'annonces légales (JAL) habilité dans le département du siège. Coût 2026 : 140 à 200 € HT selon le support (journal papier ou plateforme en ligne agréée). L'annonce mentionne la forme, le capital, l'objet, le siège et l'identité du président.

Étape 4 : Dépôt au Registre des Bénéficiaires Effectifs (RBE)

Depuis 2017, toute société commerciale doit déclarer ses bénéficiaires effectifs (personnes physiques détenant plus de 25 % du capital ou du pouvoir de contrôle). Pour une SASU, c'est simplement l'associé unique. Dépôt à effectuer au greffe via le guichet unique : 21,41 € TTC.

Étape 5 : Immatriculation via le guichet unique INPI

Depuis 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique INPI(formalites.entreprises.gouv.fr). Le dossier réunit les statuts signés, l'attestation de dépôt du capital, l'avis de constitution, la déclaration de non-condamnation du président, et la pièce d'identité de l'associé unique. Formalité gratuite. Délai de traitement : 3 à 7 jours ouvrés en moyenne, puis réception du Kbis par courrier et téléchargement en ligne.

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Fiscalité : IS par défaut, option IR possible

La SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) par défaut. Taux 2026 : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (taux réduit PME), 25 % au-delà. L'entreprise paie l'IS sur son résultat, et le président paie l'IR uniquement sur sa rémunération et ses dividendes.

Option pour l'IR : possible pendant 5 ans maximum, sur décision de l'associé unique dans les 3 premiers mois de l'exercice concerné. Conditions cumulatives : société de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, CA ou total bilan sous 10 M€, capital détenu à au moins 50 % par des personnes physiques (dont au moins 34 % par les dirigeants).

L'option IR est pertinente si votre SASU génère des déficits les premières années (vous imputez ces déficits sur votre revenu global personnel, utile pour réduire l'impôt d'un conjoint salarié). Elle devient pénalisante dès que l'activité est bénéficiaire.

Régime social du président : le vrai coût

Le président de SASU est assimilé salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale avec une couverture quasi identique à un salarié cadre (hors assurance chômage).

ÉlémentTaux / règle
Cotisations sociales totales (patronales + salariales)~75-80 % de la rémunération nette
Rémunération nette pour 1 € brut~0,55-0,60 € (après cotisations et impôt)
Assurance chômageAucune (pas d'allocation Pôle emploi)
Mutuelle d'entrepriseObligatoire si salariés, facultative sinon
RetraiteRégime général + complémentaire cadre (ARRCO/AGIRC)
Accidents du travailCouverts

Pour toucher 3 000 € net/mois, comptez un coût total de 5 200-5 500 € pour l'entreprise (soit 60-65 k€ par an tout compris). Bien plus coûteux qu'une EURL (TNS, ~40-45 % de charges) mais avec une protection sociale nettement supérieure.

Arbitrage salaire vs dividendes : la question clé

C'est le levier d'optimisation de la SASU, et ce que les plateformes automatisées ne vous expliquent jamais correctement. Vous pouvez vous verser :

  • Rémunération de président : soumise aux cotisations sociales (~75-80 %), déductible du bénéfice de l'entreprise (réduit l'IS)
  • Dividendes : soumis uniquement à la flat tax 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux), pris sur le bénéfice après IS
◆ Règle d'or

Il n'existe pas de règle « 10 % du capital » pour les dividendes en SASU (contrairement à l'EURL). Vous pouvez vous verser 100 % de dividendes sans cotisations sociales complémentaires. Beaucoup de plateformes confondent les régimes et appliquent à tort la règle EURL à la SASU.

En pratique : la plupart des présidents de SASU se versent une rémunération modeste (juste assez pour valider 4 trimestres de retraite et maintenir une couverture santé/prévoyance) et maximisent les dividendes. L'optimisation exacte dépend de votre tranche marginale d'imposition, de vos autres revenus, et de vos besoins de trésorerie.

Les obligations post-Kbis que personne ne mentionne

Une fois le Kbis reçu, plusieurs obligations démarrent immédiatement. Les ignorer expose à des pénalités, à un redressement fiscal, ou à la mise en cause de votre responsabilité personnelle.

Ouverture du compte bancaire professionnel définitif

Sur présentation du Kbis, la banque transforme le compte bloqué en compte courant. Si vous avez déposé dans une banque en ligne (Qonto, Shine, Blank), l'activation est immédiate.

Souscription de la RC Pro

Obligatoire pour certaines activités (conseil, IT, santé, construction, immobilier), recommandée pour toutes. Budget 300-800 € HT/an. À souscrire avant votre premier contrat client : c'est la première chose que demande un client B2B sérieux ou un bailleur commercial.

Inscription au CFE et déclarations fiscales

Votre SASU doit tenir une comptabilité, déclarer la TVA (trimestrielle ou mensuelle selon le régime), et déposer ses comptes annuels au greffe dans les 7 mois de la clôture. La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) est exonérée la 1ère année mais due dès la 2e (230 € minimum légal, pouvant monter à 6 700 € selon la commune).

Choix d'un expert-comptable

Non obligatoire mais fortement recommandé. Budget : 80-250 €/mois pour une TPE. L'expert-comptable gère : comptabilité, paie du président, déclarations TVA, IS, liasse fiscale, dépôt des comptes annuels. Un expert-comptable sérieux vous évite les erreurs coûteuses et les pénalités de retard.

Les 5 pièges à éviter

⚠ Piège n°1 : Capital à 1€

Légal mais pénalisant. La banque peut refuser d'ouvrir un compte pro, un bailleur peut refuser un bail commercial, et surtout c'est un signal négatif envoyé à vos futurs clients. Minimum recommandé : 1 000 € pour un solo, 5 000 € pour une activité B2B, davantage pour lever des fonds.

⚠ Piège n°2 : Objet social trop étroit

Si vous limitez votre objet à « conseil en informatique » et que vous voulez ensuite vendre un SaaS, il faudra modifier les statuts (coût : 300-800 €). Rédigez un objet large dès la création, en énumérant toutes les activités présentes et futures que vous envisagez.

⚠ Piège n°3 : Zéro rémunération la 1ère année

Beaucoup de fondateurs se versent 0 € pour économiser les cotisations. Mais sans rémunération, vous ne validez aucun trimestre de retraite, ne cotisez pas à la prévoyance, et perdez votre couverture santé de base. Minimum utile : 10 000-12 000 € brut/an pour valider 4 trimestres et rester couvert.

⚠ Piège n°4 : Oublier la décision annuelle d'affectation du résultat

Chaque année, dans les 6 mois de la clôture de l'exercice, l'associé unique doit formaliser une décision d'approbation des comptes et d'affectation du résultat. Oubli fréquent en SASU parce qu'on est seul : conséquences possibles en cas de contrôle (nullité des décisions, redressement). Notre équipe gère ce type de formalité annuelle en abonnement.

⚠ Piège n°5 : Confondre les règles SASU et EURL

Les dividendes de SASU ne sont PAS soumis aux cotisations sociales au-delà de 10 % du capital (règle EURL uniquement). Les deux régimes sont radicalement différents fiscalement. Se faire conseiller par une plateforme automatisée qui brouille les deux peut coûter cher.

SASU ou EURL ? Notre aide à la décision

C'est la question n°1 pour un entrepreneur solo. Voici les 3 critères qui tranchent dans 90 % des cas :

  • Rémunération cible élevée (> 3 500 € net/mois) : SASU plus avantageuse grâce à l'arbitrage dividendes et la meilleure couverture sociale
  • Activité modeste ou irrégulière : EURL plus économique grâce aux cotisations TNS (~40-45 %)
  • Perspective d'accueillir des associés : SASU nettement préférable (bascule automatique en SAS, cessions libres)

Le simulateur Quel statut pour moi ? vous aide à trancher en 12 questions. Pour un arbitrage précis avec chiffrage, prenez rendez-vous : Un simple échange suffit à identifier la meilleure structure selon votre situation fiscale et patrimoniale.

La SASU avec Lexa : ce que vous avez

  • Un interlocuteur unique du premier échange jusqu'à la délivrance du Kbis
  • Des statuts adaptés à votre projet (pas un modèle générique)
  • Un forfait annoncé à l'avance, tout inclus (frais légaux, formalités, accompagnement)
  • Un délai maîtrisé : 10 à 15 jours ouvrés
  • Un accès inclus à Lex'academy, notre bibliothèque de fiches et vidéos pour dirigeants (60 thématiques sur 6 domaines)

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Questions fréquentes

Vos questions sur la SASU

La SASU est une SAS à associé unique. Son fonctionnement est identique, mais les décisions ne nécessitent pas d'assemblée générale : l'associé unique les prend seul et les consigne dans un registre. Dès qu'un second associé entre au capital, la SASU bascule automatiquement en SAS, sans formalité lourde.
Oui et non. Le président est « assimilé salarié » : il cotise au régime général (maladie, retraite, prévoyance, formation professionnelle) avec une couverture proche de celle d'un salarié cadre. Il ne cotise PAS à l'assurance chômage (pas de protection Pôle emploi en cas de cessation d'activité).
Par défaut oui : IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà. Option pour l'impôt sur le revenu (IR) possible pendant 5 ans maximum, sous conditions : société de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, CA ou bilan sous 10 M€, capital détenu à au moins 50 % par des personnes physiques.
Non, c'est l'un des principaux avantages de la SASU face à l'EURL. Les dividendes versés au président d'une SASU ne sont soumis qu'à la flat tax 30 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux). Aucune cotisation sociale complémentaire, contrairement à l'EURL où les dividendes du gérant majoritaire sont soumis aux cotisations TNS au-delà de 10 % du capital.
1 € symbolique est légalement suffisant. En pratique, on observe souvent un capital adapté à la crédibilité attendue : 1 000 € pour un consultant solo, 5 000-10 000 € pour une activité B2B avec fournisseurs, davantage si levée de fonds ou bail commercial prévu. Un capital trop faible peut bloquer l'ouverture d'un compte bancaire ou d'un prêt.
Avec un accompagnement professionnel : 10 à 15 jours ouvrés entre le premier échange et la délivrance du Kbis. Délais incompressibles : génération et validation des statuts (2-3 j), dépôt du capital (1-3 j selon banque), annonce légale (publication sous 24h), traitement INPI (3-7 j).
Oui. L'adresse du siège peut être votre résidence personnelle, sans limitation de durée (depuis la loi PACTE de 2019). Certains baux d'habitation ou règlements de copropriété peuvent toutefois l'interdire : vérifiez votre contrat de bail avant de domicilier. Alternative : société de domiciliation commerciale (20-80 €/mois).
Non légalement. Mais la SASU étant à l'IS par défaut, elle doit tenir une comptabilité d'engagement, déposer des comptes annuels au greffe, et gérer paie du président + déclarations fiscales. À moins d'être vous-même comptable, un expert-comptable est fortement recommandé dès le premier mois (80-250 €/mois pour une TPE).

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